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Mois : octobre 2016

Excursion à Bisseuil (Marne)

Excursion à Bisseuil (Marne)

Cette fois ci, ce n’est pas à vélo, mais à pied (et en voiture) que je me suis rendue à Bisseuil sur les traces de mes ancêtres. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas partager cette excursion. D’autant qu’avec l’approche de l’hiver, mes excursions en voiture et à pied seront certainement plus fréquentes que les balades à vélo.

Le village de Bisseuil est le berceau de la famille Méa dont je descends par mon arrière-grand-mère Marthe Méa. Mon dernier ancêtre direct à être né dans ce village est Jean-François Méa, né en 1740. Trois de ses grands-parents s’appelaient également Méa, et s’étaient mariés avec des dispenses de consanguinité du 3ème ou 4ème degré.

Pour cette balade, en plus de découvrir le patrimoine du village de mes ancêtres, j’ai un objectif supplémentaire : retrouver des éventuelles traces des vergers de Bisseuil dont j’avais parlé dans un article (à lire ou relire ici).

Il existait en effet à Bisseuil une tradition qui voulait qu’un garçon ne pouvait pas se marier s’il n’avait pas planté, de ses mains, 25 arbres fruitiers. Selon les informations que j’avais trouvées, les vergers ainsi créés se trouvaient dans des zones spécifiques du village qui sont, de nos jours, toujours couvertes d’arbres.

Vue d’ensemble de Bisseuil

Le village de Bisseuil était autrefois un village entouré de remparts construit sur les bords de Marne. Le village et ses remparts ont été représentés par Claude de Chastillon dans sa Topographie Française, publiée en 1641. La représentation n’est peut-être pas complètement réaliste, mais elle donne un petit aperçu de l’allure que pouvait avoir le village avec ses remparts à la fin du XVIème siècle.

Bisseuil dans la Topographie Française de Claude Chastillon (source : Gallica / BNF)
Bisseuil dans la Topographie Française de Claude Chastillon (source : Gallica / BNF)

Depuis cette époque, le village a quelque peu changé : il a perdu ses remparts, et il est désormais traversé par le canal latéral à la Marne, construit au XIXème siècle. Par ailleurs, le village a été en grande partie détruit par des incendies en 1754 et 1768, et a été reconstruit suivant un plan plus géométrique.

Etape n°1 : l’église Saint Hélain et le presbytère

C’est dans l’église de Bisseuil, consacrée à Saint Hélain, que se sont mariés et ont été baptisés les ancêtres de Jean-François Méa. L’église date du XIIIème siècle et a été classée « Monument Historique » en 1924.

Eglise Saint Hélain de Bisseuil
Eglise Saint Hélain de Bisseuil

Juste à côté de l’église se trouve le presbytère, et sur le mur du presbytère, une inscription a attiré mon attention :

Lienard Lebland et Arnoult Couty onts rebaty ce presbitere en l’année 1741

Inscription sur le mur du presbytère de Bisseuil
Inscription sur le mur du presbytère de Bisseuil

Liénard Lebland et Arnoult Couty ne font pas partie de mes ancêtres, mais j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur ces hommes qui ont laissé leur nom gravé dans la pierre du presbytère. En cherchant dans les registres paroissiaux de Bisseuil, j’ai retrouvé la trace d’Arnoult Couty, décédé à Bisseuil en 1744. Il était alors maçon,  âgé de 33 ans environ et originaire de la paroisse de Chatelus, dans le diocèse de Limoges. Il s’agit certainement de Châtelus-le-Marcheix dans la Creuse, dont beaucoup d’habitants étaient des maçons migrants.

Je n’ai pas retrouvé la trace de Liénard Lebland à Bisseuil, mais il était très certainement, comme Arnoult, un maçon de la Creuse et cette inscription sur le mur du presbytère est peut-être l’une des seules traces qu’il a laissé de son passage à Bisseuil.

Etape n°2 : le canal latéral à la Marne et le pont tournant

Le canal latéral à la Marne, qui traverse Bisseuil d’Est en Ouest a été construit pendant la première moitié du XIXème siècle. Il n’existait donc pas encore du temps de mes ancêtres, mais il donne désormais un certain charme au village de Bisseuil.

Canal latéral à la Marne à Bisseuil
Canal latéral à la Marne à Bisseuil

Etape n°3 : à la recherche des vergers du Bisseuil

Les vergers de Bisseuil se trouvaient principalement, selon la tradition, au Plitre qui reste encore découpé en de nombreuses parcelles.

Parcelles du Plitre à Bisseuil (source : Géoportail)
Parcelles du Plitre à Bisseuil (source : Géoportail / IGN)

Les parcelles sont difficilement accessibles : seuls quelques chemins aménagés permettent d’y accéder, et partout, la végétation est très dense. Et force est de constater que la grande majorité des arbres qui couvrent ces parcelles ne sont pas des arbres fruitiers.

Chemin dans les anciennes parcelles de vergers à Bisseuil
Chemin dans les anciennes parcelles de vergers à Bisseuil

Toutefois, le fait qu’il n’y ait plus d’arbres fruitiers à ces endroits ne veut pas dire que les vergers n’existaient pas. En effet, l’évolution semble même assez naturelle. Les vergers étaient plantés sur des parcelles très petites et très serrées, dont on voit encore la trace dans le découpage du cadastre. Avec une végétation aussi dense, il est bien difficile de pouvoir délimiter chaque parcelle. Avec le temps, les vergers ont donc certainement été laissés à l’abandon, et les arbres fruitiers ont progressivement été remplacés par des arbres plus robustes.

Elise

Généavélo n°2 : l’ancienne paroisse de Montfélix (Marne)

Généavélo n°2 : l’ancienne paroisse de Montfélix (Marne)

Pour cette nouvelle balade généalogique à vélo, je me suis rendue sur les traces de mes ancêtres dans l’ancienne paroisse de Montfélix, correspondant à peu près à l’actuelle commune de Chavot-Courcourt, au sud d’Epernay.

Je suis ainsi partie sur les traces de mon ancêtre Pierre Cornet et de sa famille qui ont vécu à Montfélix de 1726 à 1750 environ. Pierre Cornet s’est installé dans la paroisse de Montfélix lorsqu’il a épousé sa première femme, Jeanne Havart. Jeanne et Pierre ont eu ensemble 8 enfants nés dans la paroisse, où la famille est restée installée au moins jusqu’au décès de Jeanne en 1747.

Pierre Cornet exerçait la profession de tuilier, et lui et sa famille vivaient dans le hameau des Chaufours où étaient vraisemblablement installées les tuileries.

Au programme de cette balade, j’ai donc prévu de voir :

  • l’église paroissiale de Montfélix (actuelle église de Chavot) ;
  • le cimetière qui l’entoure ;
  • l’emplacement du hameau des Chaufours ;
  • le petit village de Courcourt (village le plus proche des Chaufours).

Vue d’ensemble de l’ancienne paroisse de Montfélix

La paroisse de Montfélix est assez particulière puisqu’elle ne constitue pas un village à part entière, mais plutôt la réunion de plusieurs villages ou hameaux isolés. L’église de Montfélix n’est donc pas située dans un village, mais isolée en haut d’une colline surplombant la vallée du Cubry.

La paroisse de Montfélix sur la carte de Cassini
La paroisse de Montfélix sur la carte de Cassini (source : Gallica / BNF)

La paroisse de Montfélix incluait, à peu de chose près, les actuelles communes de Chavot-Courcourt et de Moussy. Pour les habitants de Moussy, situé dans la vallée en contrebas de l’église, se rendre à l’église pour un baptême ou un enterrement devait être une expédition assez pénible. C’est certainement pour cette raison qu’au XIXème siècle, les habitants de Moussy ont décidé de faire construire leur propre église dans leur village. L’église de Montfélix est donc devenue l’église de Chavot-Courcourt.

1ère étape : l’église Saint Martin

C’est dans cette église que mes ancêtres Pierre Cornet et Jeanne Havart se sont mariés en 1726. Ils avaient alors tous deux une vingtaine d’années. C’est également là qu’ils ont fait baptiser leurs 8 enfants nés entre 1726 et 1742.

L'église Saint Martin de Chavot (anciennement Montfélix)
L’église Saint Martin de Chavot (anciennement Montfélix)

L’église Saint Martin, d’architecture romane, date du 12ème siècle. Elle avait été construite à l’époque où il y avait encore un château à cet emplacement. Depuis le château a complètement disparu, et l’église est restée seule, sur la motte. Au cours de son existence, l’église a été restaurée à plusieurs reprises suite à des incendies ou des destructions, mais elle garde son aspect ancien et ressemble très certainement toujours à l’église que mes ancêtres ont connue.

2ème étape : le cimetière

C’est dans le cimetière qui entoure l’église de Montfélix qu’ont été enterrés Jeanne Havart et ses enfants morts en bas âge, ainsi que les parents de Jeanne, Charles Havart et Françoise Pougeoise qui vivaient également à Montfélix au moment de leur décès en 1743 et 1745.

Cimetière de Chavot
Cimetière de Chavot

Bien sûr, les tombes de mes ancêtres, bien trop anciennes, ne sont plus dans le petit cimetière. Mais l’emplacement du cimetière n’ayant pas changé, je sais que c’est en ces lieux que mes ancêtres ont été enterrés et que leur famille est venue se recueillir.

3ème étape : le hameau des Chaufours

Le hameau des Chaufours, où vivaient Pierre Cornet et sa famille, se situe sur la colline de Montfélix, entre l’église et le village de Chavot. Si le hameau lui-même a disparu, il reste encore le chemin qui menait des Chaufours jusqu’à l’église de Montfélix d’un côté et au village de Courcourt de l’autre.

Chemin passant par les Chaufours entre l'église de Chavot et Courcourt
Chemin passant par les Chaufours entre l’église de Chavot et Courcourt (source : Géoportail)

J’ai donc parcouru ce chemin avec une pensée pour mes ancêtres qui l’empruntaient au quotidien il y a près de 300 ans. Et en particulier, dans des conditions parfois difficiles, lorsqu’ils allaient faire baptiser leurs enfants ou enterrer leurs proches.

Chemin menant des Chaufours à l'église de Chavot
Chemin menant des Chaufours à l’église de Chavot

J’ai eu une pensée d’autant plus forte pour Pierre Cornet qui était tuilier en ce lieu, car en de nombreux endroits, le sol du chemin était jonché de débris de tuiles et de briques. Ces débris étaient certainement bien plus récents que l’époque où Pierre exerçait là son activité, mais cela a vraiment renforcé le sentiment d’être là sur ses traces.

Débris de tuiles ou des briques sur le chemin des Chaufours à Chavot-Courcourt
Débris de tuiles ou des briques sur le chemin des Chaufours à Chavot-Courcourt

4ème étape : le village de Courcourt

Pour terminer cette balade, je me suis rendue dans le village de Courcourt, qui était le village le plus proche du hameau des Chaufours et où mes ancêtres se rendaient sûrement régulièrement. La majorité des habitations du village sont relativement modernes et ne représentent pas le village que mes ancêtres ont pu connaître.

Le principal point d’intérêt du village est un lavoir, qui existait certainement déjà à l’époque de mes ancêtres, et qui a été complètement restauré récemment.

Lavoir de Courcourt
Lavoir de Courcourt

Bilan de cette escapade

Suite à cette balade, j’avais quelques regrets : je n’ai pas pu visiter l’église qui était fermée, et les villages de la paroisse ne ressemblent plus guère aux villages que mes ancêtres ont pu connaître.

Mais rédiger cet article m’a permis de voir les points positifs de cette promenade. Notamment le fait d’avoir pu me recueillir dans le lieu même où mes ancêtres avaient été enterrés et de parcourir un chemin que mes ancêtres ont dû emprunter des centaines de fois avant moi.

Et par dessus tout, me promener au sein de ce splendide paysage m’a amenée à imaginer le paysage dans lequel évoluaient nos ancêtres et à réfléchir aux évolutions qu’il avait pu connaître depuis 300 ans : y avait-il déjà autant de vignes ? A quoi ressemblaient les plantations à cette époque ? Les zones peuplées étaient-elles déjà les mêmes ? Comment ont évolué les zones boisées ?

Tant de questions qui me donnent envie de faire des recherches supplémentaires sur l’évolution du paysage au cours des derniers siècles.

Elise